Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a affirmé que le soutien américain au Liban revêtait plusieurs formes, notamment à travers la consolidation, la poursuite et l’élargissement de l’aide militaire destinée à l’armée libanaise, ainsi que par la mobilisation du soutien international et l’encouragement des pays amis à investir et à fournir une assistance.
Dans un entretien accordé à la chaîne saoudienne « Al-Ikhbariya », M. Morcos a indiqué que les États-Unis pourraient éventuellement prendre part directement à une conférence de soutien au Liban et faciliter l’accès des investissements américains au marché libanais.
Selon lui, les investissements des sociétés américaines reposent principalement sur des considérations commerciales, mais prennent également en compte les dimensions politiques et les risques sécuritaires. Il a estimé que les préoccupations qui avaient longtemps freiné l’arrivée de ces sociétés au Liban commençaient à diminuer, citant notamment la levée des obstacles ayant empêché pendant quarante ans l’établissement de vols directs entre les États-Unis et le Liban.
Le ministre a précisé que le gouvernement libanais dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam finalisait actuellement les préparatifs logistiques et techniques nécessaires au lancement de ces liaisons aériennes directes, qui devraient mettre fin aux difficultés rencontrées par les voyageurs contraints de transiter par des escales intermédiaires.
Il a souligné que la reprise des vols directs aurait des retombées positives et constituerait une opportunité supplémentaire pour Washington de soutenir le Liban, estimant que ces avancées étaient le fruit de la visite officielle effectuée par le président Joseph Aoun à Washington.
Concernant la confiance accordée à l’armée libanaise et sa capacité à traiter le dossier du désarmement du Hezbollah, dans un contexte où Washington demande la formation d’unités d’élite, M. Morcos a affirmé que le président Joseph Aoun avait « tranché cette question » en exprimant clairement, lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump, sa pleine confiance dans l’armée, son commandement et ses soldats.
Il a estimé que cette position dissipait les interrogations concernant l’institution militaire, ajoutant que la formation militaire américaine s’inscrivait dans le cadre du soutien fourni par les États-Unis à l’armée libanaise.
Le ministre a indiqué que cette assistance devrait se poursuivre et être renforcée après que la visite présidentielle à Washington a levé les doutes sur la continuité de l’appui américain. Il a également évoqué une possible intensification des programmes de formation, permettant à l’armée libanaise de bénéficier davantage de l’expertise américaine, notamment en raison de l’origine américaine d’une partie importante de ses équipements et de son armement.
Au sujet de la zone pilote de Zawtar el-Gharbiyyé, dont les forces israéliennes se sont retirées, M. Morcos a indiqué que l’armée libanaise assurait désormais la sécurité dans cette zone, considérée comme une première expérience menée dans des circonstances « délicates et sensibles ».
Il a précisé que cette expérience ferait l’objet d’une évaluation afin d’améliorer les mécanismes adoptés et de corriger les éventuelles défaillances constatées lors de sa mise en œuvre.
Le ministre a réaffirmé que le président Joseph Aoun insistait sur la nécessité d’un retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais, estimant que l’accélération de ce processus et la consolidation des résultats obtenus contribueraient à renforcer les arrangements en cours dans le cadre de l’initiative présidentielle.
Réagissant à la déclaration de Donald Trump selon laquelle il pourrait dialoguer avec le Hezbollah à la demande du président Joseph Aoun, le ministre Morcos a considéré cette position comme « un signal positif », car elle reconnaît, selon lui, que l’État libanais est l’autorité décisionnelle.
Il a souligné que toute initiative ou proposition concernant le Liban devait passer par les institutions libanaises, qu’elle soit acceptée ou rejetée, ajoutant que les autres interprétations relevaient de l’analyse politique.
Concernant le rôle de la Syrie dans le contrôle des frontières et la prévention du transfert d’armes au Hezbollah, le ministre de l’Information a estimé que les relations libano-syriennes avaient longtemps été marquées par un déséquilibre sous l’ancien régime syrien.
Il a toutefois affirmé que ces relations évoluaient désormais vers un cadre normal entre deux États souverains, fondé sur le respect mutuel et la reconnaissance de la particularité de chacun.
M. Morcos a rappelé que cette nouvelle orientation s’était traduite par l’accord conclu récemment entre Beyrouth et Damas, prévoyant la création d’une commission commune de coordination, à l’image des commissions existant avec l’Arabie saoudite et la Jordanie.
Il a également révélé que 42 accords actuellement en vigueur entre le Liban et la Syrie faisaient l’objet d’un réexamen afin de rétablir un équilibre dans les relations bilatérales et de revoir certaines clauses susceptibles d’accorder un avantage à l’un des deux pays au détriment de l’autre.
Ministère libanais de l’Information