Depuis son entrée en fonction à la tête du ministère de la Culture, le ministre Ghassan Salamé a marqué un tournant dans l’action culturelle officielle au Liban. Fort de son parcours académique et diplomatique, et de sa vision profonde de la culture comme passerelle de dialogue et instrument de paix, il s’est attaché à renforcer le rôle du ministère en tant que moteur essentiel de la vie culturelle et à redonner à la culture sa place en tant que puissance douce en période de crise. Ses initiatives ont été mûrement réfléchies, ses partenariats se sont développés tant au niveau national qu’international, et son approche globale reflète une compréhension fine de la diversité du Liban et de la richesse de son patrimoine civilisationnel. Ce rapport présente les principales réalisations du ministère sous sa direction, qu’il s’agisse des politiques culturelles, de la protection du patrimoine, du soutien à la création ou de l’ouverture sur le monde.
Les réalisations sont nombreuses, et il serait impossible de toutes les citer, notamment pour la période 2025-2026, malgré la guerre qui sévit au Liban depuis la fin du mois de février dernier. Le ministre Salamé a d’ailleurs affirmé que « les circonstances difficiles n’effacent pas la responsabilité », soulignant que « la guerre pèse lourdement sur nous, mais elle ne nous empêchera pas d’assumer nos responsabilités ».
Le ministère de la Culture a ainsi placé au premier rang de ses priorités le développement du réseau des bibliothèques publiques en dehors de Beyrouth, à travers l’ensemble des régions libanaises, en préparant les études nécessaires pour les soutenir et les doter d’équipements technologiques modernes. Il a également relancé la Cinémathèque libanaise, en coopération avec le ministère français de la Culture, plus d’un quart de siècle après sa création initiale, dans le but de rouvrir une fenêtre sur la mémoire nationale.
Par ailleurs, un programme d’activités culturelles tout au long de l’année a été mis en place, comprenant notamment la Semaine du cinéma libanais, avec des projections gratuites de films issus du patrimoine cinématographique libanais dans différentes salles du pays, afin de faire revivre cet héritage. D’autres initiatives ont été lancées, telles que des échanges de livres, la Semaine du théâtre libanais, la célébration de la Journée mondiale des droits de l’homme et de la Journée mondiale de la langue arabe.
Parmi les manifestations qui ont retrouvé leur place sur la carte des activités culturelles grâce aux efforts du ministre Salamé figure la Nuit des musées, relancée après six années d’interruption. Cet événement très attendu permet au public de visiter gratuitement les musées du Liban et de découvrir les collections et objets archéologiques rares qui témoignent de la civilisation libanaise.
Le ministère a également accueilli des personnalités arabes et internationales afin d’animer des conférences et des rencontres de réflexion à la Bibliothèque nationale de Beyrouth, devenue un centre culturel de premier plan.
Parmi les autres réalisations majeures figure la pose de la première pierre du futur bâtiment culturel de la gare ferroviaire de Mar Mikhaël-Gemmayzé, en coopération avec l’UNESCO et grâce à une contribution du gouvernement italien. Les travaux ont débuté en septembre 2025.
Une campagne internationale a également été lancée, en partenariat avec l’UNESCO et plusieurs partenaires, pour restaurer le Grand Théâtre de Beyrouth et permettre la reprise des représentations lyriques et théâtrales.
Les efforts du ministère ont également abouti à l’inscription des silos du port de Beyrouth sur la liste des bâtiments historiques, afin d’en faire un mémorial, conformément au souhait des familles des victimes de l’explosion du 4 août 2020. En outre, le projet de réhabilitation des habitations endommagées dans les quartiers de Mar Mikhaël et Nahr à la suite de cette explosion a été mené à bien grâce à la coopération entre le ministère de la Culture – Direction générale des Antiquités, l’UNESCO, ONU-Habitat et ALIPH.
Parmi les autres réalisations du ministère figurent :
– L’approbation de l’adhésion à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.
– Le lancement de la Stratégie des industries culturelles et créatives au Liban, destinée à organiser le secteur culturel, protéger le patrimoine, soutenir les créateurs et contribuer à la relance économique.
– L’organisation de l’exposition « Byblos, cité millénaire » à l’Institut du Monde Arabe à Paris, présentant des pièces archéologiques provenant du site antique de Byblos.
– Le renforcement de la coopération avec le musée du Louvre à Paris.
– L’achèvement de la restauration de parties essentielles de la citadelle de Tripoli (la tour nord et la façade est), grâce à une coopération entre le ministère, la Direction générale des Antiquités et Moutajazziroun min Ajl Lubnan (Rooted for Lebanon), avec le soutien financier de la Principauté de Monaco et de la Fondation Kofi Annan, ainsi que la réhabilitation du Hammam Ezzeddine, monument historique situé au cœur de la ville.
– L’obtention d’un financement de la Fondation Honor Frost pour la numérisation de la revue archéologique BAAL, publiée en arabe, en français et en anglais, dont la parution avait été interrompue pendant six ans.
– Le soutien apporté à la Bibliothèque nationale pour la conservation et la numérisation d’une partie de ses collections anciennes.
– La signature d’un accord de coopération entre la Bibliothèque nationale du Liban et la Bibliothèque nationale d’Espagne, en vue de créer un centre de formation dans le Khan al-Askar, site historique de Tripoli, afin de mettre en œuvre un programme de développement consacré aux métiers artisanaux traditionnels, en impliquant une nouvelle génération de jeunes.
– La coopération entre le ministère de la Culture – Direction générale des Antiquités et la République française pour la restauration du temple d’Echmoun à Bustan el-Cheikh.
– L’inscription de 39 nouveaux sites archéologiques et culturels libanais sous le régime de la protection renforcée de la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, portant ainsi à 73 le nombre total de sites libanais bénéficiant de cette protection.
Le ministère a également renforcé la présence culturelle du Liban sur la scène internationale. Représenté par le ministère de la Culture, le Liban a été l’invité d’honneur de la 36e édition du festival « Étonnants Voyageurs » de Saint-Malo, l’un des plus importants festivals de littérature et de cinéma de Bretagne. Cette participation a confirmé la continuité du rayonnement culturel libanais malgré les défis et démontré la vitalité de la société libanaise, sa diversité, ainsi que sa capacité à se renouveler et à créer, même dans les circonstances les plus difficiles.
Ministère libanais de l’Information