La communauté médiatique a répondu à l’invitation du syndicat des rédacteurs pour participer à la conférence de presse organisée par le président du syndicat, Joseph Kosseifi, au siège du syndicat, en présence du ministre de l’Information, Me Paul Morcos. L’objectif était de discuter de la protection des journalistes pendant la guerre, d’assurer leur liberté et leur sécurité, et de réaffirmer la liberté de la presse et la solidarité professionnelle.
Parmi les participants figuraient, outre le ministre de l’Information, le député Melhem Khalaf représentant la commission parlementaire des droits de l’Homme, le président du Conseil national de l’information audiovisuelle Abdelhadi Mahfoud, le directeur général du ministère de l’Information Dr. Hassan Falla, la directrice générale et présidente du conseil d’administration de Télé Liban Dr. Alissar Naddaf Geagea, Nadim Hamada représentant le bâtonnier de Beyrouth Imad Martinos, Khador Majed Président de l’Association des diplômés des médias ، le président des photographes Ali Allouch, ainsi que des membres du conseil du syndicat des rédacteurs et d’autres journalistes.
Intervention de Kousseifi
La conférence a commencé par une minute de silence en hommage aux journalistes tombés en martyres, suivie d’un discours du président Kousseifi :
« Nous nous réunissons aujourd’hui au siège du syndicat des rédacteurs libanais non pour ajouter une nouvelle condamnation aux centaines déjà émises contre l’assassinat de nos collègues Ali Choueib, Fatima et Mohamed Ftouni des chaînes Al-Manar et Al-Mayadeen, ni aux autres journalistes tombés avant eux, mais pour mettre en lumière les crimes d’Israël. Dans sa logique criminelle, Israël ne fait aucune distinction entre civils et militaires, incluant journalistes, photographes, secouristes et travailleurs humanitaires parmi ses cibles. Cette absence de distinction caractérise ses actions, et son bilan sanglant est insupportable pour toute conscience. »
Il a poursuivi : « Nous ne lançons pas seulement un cri de colère, mais formulons des demandes concrètes :
- Que l’État libanais assume sa responsabilité nationale, souveraine et morale, et que le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, demande immédiatement à la Cour pénale internationale de reconnaître sa compétence pour enquêter et poursuivre toutes les crimes commis sur le territoire libanais depuis le 7 octobre 2023, conformément à l’article 12 du Statut de Rome. L’article 9 permet la poursuite des crimes touchant les journalistes, secouristes et volontaires de la défense civile.
- La création d’une commission internationale sous supervision de l’ONU pour enquêter sur les crimes commis par Israël contre les journalistes et photographes, et établir un rapport transmis aux instances compétentes, notamment la CPI, le Comité international de la Croix-Rouge, l’UNESCO, le Conseil des droits de l’homme et Amnesty International.
- La mise en place d’une commission de suivi regroupant le ministère de l’Information, les syndicats de presse, les journalistes, photographes, les barreaux de Beyrouth et Tripoli, ainsi que l’Instance nationale des droits de l’homme.
- La coordination avec l’Union générale des journalistes arabes et autres organisations de presse et de droits humains pour étudier la création d’une cour internationale spécifique pour juger les violations commises contre les journalistes et les médias dans le monde.
- Le devoir de solidarité entre tous les journalistes face aux attaques délibérées israéliennes contre les médias couvrant la guerre au Liban. »
Il a conclu : « Le syndicat des rédacteurs remercie tous ceux qui ont condamné le massacre israélien des collègues Ftouni et Choueib, relaie le soutien de l’Union générale des journalistes arabes, et s’engage à suivre ce dossier jusqu’à ce qu’il aboutisse à une issue honorable pour les martyrs et blessés du journalisme libanais. Gloire aux martyrs de la presse libanaise et que leur mémoire reste immortelle. »
Intervention du ministre Morcos
Le ministre Morcos a commencé par demander une prière pour les journalistes tombés, « qui sont aussi des martyrs du Liban, » soulignant ainsi « la responsabilité de l’État libanais dans le suivi de ce dossier au niveau international. »
Il a rappelé que les initiatives du ministère de l’Information ont commencé bien avant les récentes attaques, dès le 9 octobre 2025, et a détaillé les actions suivantes :
- Le 9/10/2025, décision du Conseil des ministres (n° 34/2025) : le ministre de l’Information saisit le ministère de la Justice pour examiner les options légales contre Israël pour les attaques contre des journalistes.
- Le 30/12/2025, lettre au ministre de la Justice pour obtenir des informations sur les actions légales possibles.
- Le 11/2/2026, lettre au ministère des Affaires étrangères à l’attention du Rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires pour enquêter sur l’assassinat du photographe Issam Abdullah (13/10/2023).
- Le 26/3/2026, rencontre avec la coordinatrice spéciale de l’ONU, Janein Hennessey Plasschart, pour dénoncer les attaques contre les journalistes et le personnel médical.
- Le 27/3/2026, mise en place d’une procédure pour faciliter le travail des journalistes sur le terrain, en coordination avec les forces de sécurité et l’armée libanaise.6-13. Plusieurs démarches auprès du Conseil de sécurité, de l’UNESCO, du gouvernement libanais et de l’UE pour dénoncer les attaques, documenter les incidents et préparer des plaintes internationales.
Il a conclu : « Nous ne ménagerons aucun effort pour défendre cette cause et la porter devant toutes les instances internationales. Les journalistes tombés sont précieux et leur mort n’est pas normale, nous ne l’acceptons pas. »
Ministère libanais de l’Information