Lors d’une intervention sur la chaîne Al-Jadeed avec le journaliste Georges Salibi, le ministre de l’Information, Paul Morcos, a révélé que, selon les données recueillies auprès des autorités compétentes, le nombre de violations israéliennes du cessez-le-feu entre le 17 avril et le 8 mai 2026 s’élève à des centaines d’incidents. D’après des sources officielles, ces violations comprennent au moins 818 frappes aériennes, 641 tirs d’artillerie, 270 opérations de dynamitage et 15 tirs d’obus au phosphore.
Le ministre a souligné que ces attaques ont visé des civils, des journalistes ainsi que des équipes de secours, constituant une violation flagrante du droit international humanitaire, en particulier des quatre Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels de 1977, désormais considérés comme des règles coutumières contraignantes pour l’ensemble de la communauté internationale, indépendamment de leur ratification par les parties au conflit.
M. Morcos a insisté sur la nécessité pour le Liban de poursuivre la documentation systématique de ces violations afin de renforcer la pression en faveur de la consolidation du cessez-le-feu. Il a indiqué que cette démarche s’inscrit dans le cadre des mécanismes officiels, notamment à travers la Commission du droit international humanitaire issue du Conseil des ministres et le ministère des Affaires étrangères. Il a précisé que le ministère de l’Information contribue également à ce travail, notamment en ce qui concerne les journalistes tués ou blessés, soulignant l’importance de la diffusion de ces données pour appuyer la position officielle libanaise.
Le ministre a également rappelé que le président de la République, le général Joseph Aoun, insiste dans ses contacts internationaux sur la nécessité de mettre un terme aux attaques israéliennes, en particulier celles visant les structures sanitaires et les professionnels des médias, tout en réaffirmant l’attachement du Liban à ses droits. Il a toutefois regretté que le Liban fasse face à un adversaire qui ne respecte pas le droit international, appelant à un cessez-le-feu total et global.
Par ailleurs, abordant la question de la lutte contre les discours de haine, le ministre Morcos a précisé que les prérogatives du ministre de l’Information restent limitées et encadrées par la loi. Il a expliqué qu’il ne dispose pas du pouvoir d’engager des poursuites judiciaires ni d’imposer des sanctions, ces compétences relevant exclusivement du pouvoir judiciaire et des forces de sécurité. Il a ajouté que les réseaux sociaux échappent entièrement à ses prérogatives en matière de mesures répressives.
Malgré ces limites, le ministre a mis en avant le rôle essentiel de son ministère en matière de sensibilisation, d’encadrement et de promotion d’un environnement médiatique responsable. Il a évoqué l’organisation de réunions avec les professionnels des médias, la mise en place de programmes de formation, le développement du secteur et le lancement de campagnes de sensibilisation, notamment en collaboration avec l’Unesco et le Programme des Nations unies pour le développement. Des initiatives éducatives sont également menées dans les écoles et universités en coordination avec le ministère de l’Éducation.
M. Morcos a insisté sur l’importance du projet de loi sur les médias modernes, actuellement en attente d’adoption au Parlement. Ce texte prévoit notamment une régulation des plateformes numériques, une définition claire du discours de haine et sa pénalisation, tout en garantissant un équilibre entre la liberté d’expression et la protection des droits et de la dignité des individus. Il a appelé à son adoption rapide afin de renforcer les efforts de lutte contre les discours de haine au Liban.
Ministère libanais de l’Information