Le ministre de l’Information, Me Paul Marcos, s’est exprimé lors d’une conférence de presse, aux côtés du député Georges Okkais, après la réunion des commissions parlementaires mixtes tenue à la Chambre des députés. Il commentait le renvoi du projet de loi sur les médias à une sous-commission.
« Nous étions aujourd’hui en réunion des commissions parlementaires mixtes, présidée par le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab. Le député Georges Okkais avait auparavant présidé la sous-commission parlementaire qui a reformulé le projet de loi moderne et avancé sur les médias. Mais le moment que nous traversons est douloureux, après le martyre de l’une des nôtres, la journaliste Amal Khalil », a-t-il déclaré.
Le ministre a rendu hommage « aux martyrs de la presse et du Liban », ajoutant : « À quelques jours de la Journée mondiale de la liberté de la presse, j’aurais souhaité que les commissions adoptent ce projet de loi moderne, fruit d’un travail accumulé sur plusieurs années. J’avais formulé des remarques auparavant puis j’ai choisi de ne plus en présenter durant mon mandat afin de faciliter son adoption. »
Il a poursuivi : « Ce texte, s’il est adopté, remplacera une loi vieille de trente ans. Il est le résultat d’un travail collectif mené par la sous-commission de l’administration et de la justice, présidée par le député Okkais, avec la contribution d’experts internationaux, notamment mandatés par l’UNESCO, ainsi que de parlementaires actuels et anciens et d’organisations professionnelles locales. »
Le ministre Morcos a souligné que le projet avait fait l’objet de « discussions approfondies », tant au sein de la sous-commission que de la commission de l’administration et de la justice. « Nous pourrions continuer à examiner les remarques pendant des années, mais il est temps d’aboutir à un texte garantissant la liberté d’expression, définissant le statut du journaliste, supprimant les peines pénales au profit d’amendes, instaurant des procédures rapides pour traiter les infractions médiatiques, créant une autorité indépendante de régulation des médias, réformant les médias publics et luttant contre les discours de haine », a-t-il expliqué.
« Beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur le rôle du ministre face aux discours de haine. Pour la première fois, ce projet prévoit des dispositions détaillées pour encadrer et combattre ce phénomène, tout en organisant les médias numériques dans le respect de la liberté d’expression », a-t-il ajouté.
Se disant surpris par le renvoi du texte, il a déclaré : « Ce projet a été renvoyé aux calendes grecques avec la formation d’une sous-commission, présidée par le vice-président du Parlement, pour examiner les remarques restantes. Et de conclure : « Je m’incline devant la volonté législative et celle des députés. En tant que pouvoir exécutif, je respecterai cette décision. Il s’agit d’un recul sur lequel je construirai la position politique appropriée. »
Il a remercié Elias Bou Saab, qui présidera la sous-commission, ainsi que le président de la commission de l’administration et de la justice, le député Georges Adwan, et le député Georges Okkais pour leurs efforts.
De son côté, le député Georges Okkais a déclaré : « Je ne souhaite pas ajouter à ce qu’a dit le ministre, mais je considère que ce projet de loi est l’initiative de réforme ayant reçu l’éventail le plus large d’éloges de la part des organisations internationales et locales spécialisées dans le droit des médias. »
Et d’ajouter : « Il semble que, dans ce Parlement, toute réforme doive passer par un véritable chemin de croix. Nous espérions, après de nombreuses réunions, voir ce texte soumis à l’assemblée plénière. Mais nous avons été surpris, quelques jours avant la réunion des commissions mixtes, par l’introduction d’un nouveau projet dans une démarche pour le moins inhabituelle. »
Ministère libanais de l’Information